Ce n’est pas parce qu’on faisait un barbecue-lunettes-de-soleil-pastis en extérieur le 2 janvier en Haute-Savoie ni que l’on s’est pris des coups de soleil en t-shirt dans la Drôme la semaine dernière que l’hiver est mort. Il nous l’a bien fait sentir le samedi 27 février, lorsqu’il a lâché des tonnes de neige suivies de trombes de pluie sur la région du Piémont.

Bloqué par un retour hivernal aux portes de la plaine du Pô, je n’y croyais pas. Avec Fulvio, on se moquait du catastrophisme des prévisionnistes météo. On a eu tort.

J’ai donc trouvé refuge chez une famille italienne charmante, qui m’accueille depuis deux jours comme un membre de la famille. Hier, Lucia, la mère, m’a invité à dîner, en compagnie de 8 amis quinquas, chez un riche célibataire voyageant de par le monde. Il avait 660 diapos de son dernier voyage en Éthiopie à nous montrer… Commentées en italien, j’avais la tête comme une pastèque à la fin de la soirée. Il vit dans un appartement-musée, un lieu comme on en voit trop rarement : chaque centimètre carré est occupé par des collections d’objets en tout genre. Livres par milliers, certains d’une grande valeur, coquillages et pierres précieuses soigneusement disposés dans des vitrines à l’éclairage tamisé, couteaux de chasse, Ferraris en modèle réduits, maquettes de bateau d’un mètre de hauteur, collection complète de la bande dessinée érotique Manara, figurines japonaises aux formes généreuses, armes à feu antiques, statuettes et art africain, l’intégralité des lecteurs des 50 dernières années, du vinyle au Blu-ray en passant par les cassettes VHS et audio, … Chaque table, chaque rebord d’étagère, tout est envahi par les objets. Son lit est si parfaitement fait qu’on se demande s’il dort dedans ou si, lui aussi, fait partie de la collectionnite aiguë. Dans la cuisine, on ne sait pas bien ce qui tient de l’artefact ou de l’utilitaire. On passe d’une pièce à l’autre, écoutant religieusement les commentaires de Julio sur l’acquisition de tel couteau ou telle maquette de bateau.

Dans ce joyeux bordel, parfaitement ordonné, on se tient tous debout, avant la projection des diapos, autour d’un énorme et délicieux buffet de tramezzini et spécialités piémontaises, verres de champagne et assiettes en plastique en main, avec des couverts comme on en avait dans la maison périgourdine de mes grands-parents quand on avait 8 ans. Manches en plastique rouge…

Lorsqu’on sort de chez Julio, un brin abasourdis, la ville entière sent le Nutella de l’usine-mère Ferrero voisine et il neige comme au Québec.

Un décalage absolument ahurissant. J’ai passé une très bonne soirée.

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Julio, propriétaire des lieux.

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