Comment participer à l’inauguration d’un centre commercial, visiter le centre-ville en Mercedes Vito et se faire inviter dans un centre thermal et de remise en forme en moins de quatre heures ? Facile, il suffit de rencontrer Dr. Mustafa Ilicali, député de la région d’Erzurum et responsable du transport et du tourisme. C’est en visitant la grande mosquée de la ville qu’on le rencontre, lui et ses nombreux conseillers. Entre deux selfies avec les fidèles qui sortent de la prière du vendredi, il nous invite d’abord à prendre un thé, puis nous entraîne, dans un rythme soutenu, à tous ses rendez-vous de l’après-midi. C’est parti !

D’abord, l’inauguration d’un centre commercial. L’ambiance est comme celle de l’ouverture de Zara un jour de solde : du monde partout, au coude-à-coude, tente d’entrer dans le magasin. Devant l’entrée, un spectacle parfaitement décalé : des grappes de ballons blancs et rouge, trois personnes déguisées en personnages de dessin animé se trémoussant sur de la mauvaise techno et des rivières de sang sur le bitume, provenant de deux moutons que l’on vient d’égorger. À l’intérieur, du monde partout. On se faufile tous au premier étage pour une petite réception, quelques discours, la rencontre avec le responsable du magasin. Les séances photo sont nombreuses, nous sommes constamment mis en avant, aux côtés de Mustafa Ilicali. En quelques minutes, nous sommes sur Twitter, facebook… Un acteur australien qui tourne un film à Erzurum est aussi invité, lui et sa femme. Un melting-pot d’élus, de conseillers, d’invités et de badauds se presse autour des tables hautes remplies de cake bleu turquoise.

Puis nous poursuivons la virée au centre thermal Ilica, à l’entrée de la ville, où nous sommes invités à tester le spa aux eaux riches en bicarbonate, sodium et autres minéraux. Je me prélasse pendant une petite demi-heure dans les eaux chaudes, dans une grande vasque profonde d’un mètre. On sort de là tout frais, pimpant et bourrés de minéraux, donc.

La rencontre avec le professeur Ilicali est intéressante. Il nous explique le développement actuel de la ville, son curieux dépeuplement, son attrait touristique, universitaire et sportif, Erzurum étant situé à plus 1900 mètres d’altitude. Avec Nicolas, chef de projet expert en transport et modes doux, la communication est facile, ils se trouvent des points communs et de bons sujets d’échange, comme sur la future ligne de tramway qui doit être construite dans les prochaines années par les chinois.

Je lui pose aussi des questions sur l’urbanisme éclectique de la ville. Il apparaît que des quartiers entiers, en plein centre-ville, sont rasés pour être reconstruits. Ça m’intéresse parce que je dois établir un parallèle, dans mes prochains articles pour le magazine de vélo 200, avec le voyage de Nicolas Bouvier, voyageur suisse parti en 1953 sur les routes avec son ami peintre Thierry Vernet en direction du Khyber Pass, en Afghanistan. Juste avant d’hiverner à Tabriz, il était passé à Erzurum et décrit quelques lieux que je cherche à retrouver.

Pendant 4 heures, nous sommes pris dans le tourbillon de l’agenda du professeur Ilicali, avant d’être déposés en ville où nous terminons la journée en déambulant entre les vieilles maisons de pierre et de bois, caractéristiques de la région.

Photos :  Après-midi sous l'aile de Mustafa IlicaliA la sortie de la Grande Mosquée

Les conseillersConseiller

Les conseillersConseillers

Les moutons trépassésLes moutons viennent de passer un sale quart d’heure…

Inauguration du centre commercialInauguration centre commercial

Ballet des conseillersLe ballet des conseillers

Pr. Mustafa IlicaliPr. Mustafa Ilicali

ErzurumScène de rue, Erzurum