35 kilomètres séparent Doğubayazıt du poste frontière de Bazargan. La route s’approche du Mont Ararat avant de s’en écarter lentement, dans un paysage de hautes montagnes et de falaises abruptes. À Bazargan, c’est un peu la cohue, des lignes de camions attendent de franchir la frontière et des dizaines de personnes s’agitent en tout sens avec des cargaisons de duty free. Je me faufile avec mon vélo dans un corridor étroit. Un rapide coup de tampon sur le passeport signe mon entrée en Iran. Tellement content d’être arrivé jusque là ! Un orage carabiné m’oblige à rester quelques instants dans la salle d’attente, sous les portraits des ayatollah Khomeini et Kameini. Juste après la frontière, les voitures ralentissent à ma hauteur et me lancent des « Welcome to our country, welcome to Iran » !

Je ne lis plus les enseignes, écrites en alphabet arabe, je viens de perdre 1h30 en décalage horaire et j’ai fait un bond en arrière de plusieurs siècles, puisque selon le calendrier de l’Hégire, je suis en l’an 1437.

En descendant le superbe défilé de Maku, qui sépare le haut plateau anatolien de la Perse, la route perd 800 mètres d’altitude et se fait plus plate. Les montagnes, si présentes pendant ces dernières semaines, se sont mises un peu à l’écart. En bord de route, deux iraniens me font des grands signes, juste au moment où je me mets à chercher un endroit pour la nuit. Un peu comme OSS 117, je suis invité dans le minuscule bureau d’une entreprise de vente de poulets. On me montre un endroit où planter la tente et après quelques palabres et thés brûlants, je suis invité à dîner par le gardien du lieu. Au menu, du poulet bien sûr, avec des piles de galettes fines comme du papier à cigarettes : le lavash. J’ai changé de monde.

Les photos :

Douane de BazarganPoste frontière de Bazargan

BazarganBazargan

À Maku

_DSF2949

_DSF2971Humidification du lavash