Je voulais rencontrer du monde, c’est réussi ! Depuis que je roule à nouveau seul, je me fais héberger tous les soirs. Une fois, c’était par le maire du petit village d’Alborg, qui m’a installé dans un appartement au-dessus de la mairie. Une autre fois, c’était dans les locaux des services techniques de Alivijeh, la veille de mon arrivée à Ispahan. J’ai fait sécher mon linge sur un fil tiré entre l’ambulance et le camion des sapeurs pompiers…

Retour à la terre

À Alborg, le maire m’a présenté la quasi totalité des 135 habitants et m’a fait visiter le cœur de l’ancien village. Un lieu surprenant : il est construit autour d’une vasque de 20 mètres de large et de 6 mètres de profondeur, sur une butte circulaire en terre. Il y a 30 ans, la vasque était pleine d’eau. Elle est vide aujourd’hui, après le départ des derniers habitants il y a 8 ans, qui se sont installés sur les pourtours de l’ancien village. En moins d’une décennie, la pluie et l’érosion a dissous la plupart des toits en terre, les murs commencent aussi à s’amenuiser. Comme un retour à la terre. Un village biodégradable, en fait.

Depuis quelques jours, le paysage se transforme. Des hauts plateaux agricoles, un peu cabossés et rustiques, on est passé à des plaines parfaitement plates d’où surgissent des montagnes érodées, un peu comme des gros morceaux de sucre posés sur une assiette.

Farab

En arrivant à Farab, un minuscule village entouré de cultures, Ali m’a invité chez lui à prendre le thé. Les femmes étaient en pleine préparation des deux évènements du soir et du lendemain : la commémoration du massacre à Kerbala, en Irak, en 680, de l’Imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet et 3ème des douze imams du chiisme duodécimain, et la fête religieuse du lendemain, fête nationale en Iran célébrant l’anniversaire de l’Imam Mahdi, douzième et dernier imam, successeur de Mahomet. Dans le village, tout le monde s’activait. On donnait des coups de balai dans les rues de terre, on préparait des petites tables pour les offrandes du lendemain. Avec Ali, on est parti chercher des banderoles dans la ville voisine. Sur la route, on nous servait des jus de fruits, des gâteaux, tout le monde était à la fête. Le lendemain, l’imam de la mosquée voisine est venu à Farab pour la célébration. Les femmes étaient superbement habillées et portait des coupelles de braises et d’encens qu’elles présentaient à l’imam. Les hommes suivaient le cortège d’un pas lent. C’est là que la police a débarqué et m’a emmené au poste.

L’uranium civil

Il était impossible de le savoir, mais depuis hier je roulais en direction d’une usine d’enrichissement d’uranium. La police m’a emmené, mon vélo et moi, au poste de Khondab, où on m’a posé quelques questions sur mon itinéraire. Ils ont voulu voir toutes mes photos, je me suis bien gardé de montrer celles que je venais de prendre, l’arrivée au poste de police…

J’ai retrouvé les Mercat, eux aussi s’étaient fait arrêter. Sur une quinzaine de kilomètres, une voiture de police nous a escorté pour sortir de la zone sensible. On est effectivement passé devant l’usine nucléaire, avant d’être relâchés.

 

Les photos :

Village d’Alborg :

Alborg

Farab

Alborg

Chez Ali et Atefe à Farab : Chez Ali, à Farab

Chez Ali, à Farab

Chez Ali, à Farab. Les photos de famille !Les photos de famille, c’est toujours un succès. (Comme le riz Uncle Bens)

 

La cérémonie religieuse :

Chez Ali, à Farab

Cérémonie religieuse

Cérémonie religieuse

Cérémonie religieuse

Cérémonie religieuse

Cérémonie religieuse

Cérémonie religieuse

Cérémonie religieuse

 

Arrêté par la police : Arrêté par la police

 

Les repris de justice, avec Ali. Les repris de justice