Trois semaines sans faire de vélo, c’est comme prendre des vacances inversées au milieu de son voyage. On oublie le rythme de la route et on s’installe dans la vie sédentaire. Huit jours dans la région de Shiraz, en compagnie de la famille de Jawad, puis 10 jours à Téhéran, pour faire les demandes de visas. Dans la capitale, j’ai été hébergé dans quatre maisons différentes, j’en ai profité pour approfondir un peu ma connaissance de la culture iranienne. J’ai noué des liens avec Solmaz et Mustafa, un couple qui vit dans les hauts de Téhéran, juste en dessous de la montagne. Ils vont certainement partir s’installer au Québec l’année prochaine et prennent des cours de français, ça facilite beaucoup les conversations. Tous deux sont membres du club de montagne « Damavand » et m’ont emmené au nord de Téhéran découvrir les superbes montagnes de la chaine Elbourz. Au pied des falaises vertigineuses, j’ai découvert un autre lieu de liberté, où les femmes ne portent pas le voile. Le regard fier, Soory et Maryam, amies de Solmaz et Mustafa, m’ont longtemps parlé de leur amour de la montagne, seul lieu où elle se sentaient libres. « La montagne a donné un sens à ma vie. Ici je n’ai pas à subir le regard de la société. Je fais ce que je veux, je vais où je veux. » D’autres témoignages m’ont été livrés, souvent parce que je ne suis que le voyageur de passage, à qui on peut s’ouvrir sans trop de risques. La découverte des interdits, des frustrations, des freins à la liberté est bouleversante. Les relations hommes-femmes compliquées et très codées, les relations sur les lieux de travail aussi. Très compliqué à relater ici.

Le soir, on se promenait en ville, on visitait les parcs urbains ou on passait la soirée chez leurs amis. Les iraniens se couchent tard, de manière générale. Là on peut dire qu’on se couchait tôt, vers 4h du matin… Avec du Queen et du Dire Straits à fond la caisse ! Les iraniens savent faire la fête, malgré les interdits.

J’étais bien, dans cette ville. Je commençais tout juste à prendre mes marques et à me débrouiller en farsi. C’est dur de quitter l’Iran, mais je sais que de nouvelles rencontres sont sur le chemin.

Le Turkménistan n’acceptant que très peu d’étrangers, j’ai décidé d’éviter le pays et de passer par le nord, en prenant un avion pour Aktau, Kazakhstan, sur les rives de la mer Caspienne… De là, je dois traverser un désert de 1000 kilomètres avant d’atteindre Nukus, la première grande ville au nord-ouest de l’Ouzbékistan…

_DSF4816Avec Solmaz à Pol-e Khab, site d’escalade

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_DSF4824Montagnes Elbourz. Ça change de la couleur brune du désert !

_DSF4831Centre de Téhéran. Proche d’une highway, on vend des fruits.

_DSF4884Centre-ville de Téhéran

_DSF4888Avec Soory, Téhéran

_DSF4841Soirée à Téhéran

_DSF4932Avec Soory sur les pentes du Damavand, sommet de la chaîne du massif Elbourz, 5671 mètres.

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Direction : Bakou puis Aktau, Kazakhstan