L’Ouzbékistan est, avec le Liechtenstein, le seul pays doublement enclavé au monde : on doit traverser deux États pour accéder à l’océan mondial. À peine plus petit que la France, le pays est recouvert de 90% de désert et traversé par deux fleuves majeurs, l’Amou-darya et le Syr-darya, qui descendent des hautes montagnes formant la frontière orientale du pays. La majorité des 30 millions d’habitants sont concentrés dans la partie orientale du pays notamment autour de la capitale Tachkent, Samarkand et Boukhara. Ce qui laisse la vaste majorité du pays totalement vide, inhabitée. C’était mon terrain de jeu ces derniers jours…

L’une des routes de la soie que j’emprunte –il y en a tout un faisceau dans la région- descend de la Mer Caspienne et traverse la région irriguée d’Ourguentch et de Khiva. Dans les champs alentours, on fait pousser du coton –le pays est l’un des plus gros producteurs au monde, d’où l’assèchement de la Mer d’Aral- et du riz. Matin et soir, je partage la route avec des paysans allant aux champs à vélo leurs outils, pelles et faucilles, coincées dans le porte-bagage. Les canaux d’irrigation, nombreux, longeant les routes ou s’enfuyant à la perpendiculaire, sont les lieux de prédilection des gamins qui se baignent tout nus pendant les heures de canicule. Je m’y plonge aussi, le soir venu, pour chasser le sel et retrouver un peu de fraicheur. Quel bonheur !

Passer la porte de la cité fortifiée de Khiva, c’est comme prendre un ticket direct pour le passé. Dédale de ruelles entre des dizaines de médersas, de minarets en brique brune, de dômes bleutés et de bâtiments anciens couleur du désert, la ville est le plus bel exemple d’architecture musulmane d’Asie centrale, parfaitement préservé. Je m’y perds pendant deux jours, fréquentant aussi le marché, très vivant. Je me nourris de kilos de fruits, de pastèque sucrée et de tout ce que je trouve d’exotique. (Je me tape une tourista éclair, aussi, mais je l’ai bien cherché ! 😉

Quelques dizaines de kilomètres après Khiva, la route A380 traverse l’Amou-darya et s’enfonce dans le désert du Kyzyl Kum, l’un des plus grands d’Asie centrale, pour une traversée de plus de 350 kilomètres jusqu’à la prochaine zone irriguée. Les trois jours de traversée ne sont ponctuées que par les pauses, régulières, tous les 30 à 40 kilomètres, dans les cafés et petites haltes de bord de route où l’on se prélasse à l’ombre, à vider des litres de thé, d’eau et de coca avant d’affronter à nouveau la fournaise du désert. Il ne fait pas si chaud -39°C max- mais le vent draine l’eau du corps. Après 7 à 8 heures de chevauchée, je pause ma tente dans le désert ou bien je m’installe confortablement sur les « lits à thé » des haltes. Viande grillée et patates sont souvent au menu, ça me va bien pour reprendre des forces !

C’est dans ces grandes étendues que je parcoure mon premier « 200 » : 200 kilomètres à travers le Kyzyl Kum, le jour ou presque de la publication de l’article dans les colonnes du magazine 200. Coïncidence ? Je ne crois pas…

Les photos

Khiva :

Panorama de Khva

Si vous regardez bien ces deux photos, vous saurez d’où je les ai prises. Allez, à vous de jouer.

Khiva

Khiva

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Khiva

Khiva

Le marché de Khiva : _DSF5280

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Les canaux d’irrigation :

Baignade dans les canaux d'irrigation

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La traversée du Kyzyl Kum :

Traversée du Kyzyl Kum

Traversée du Kyzyl Kum

Traversée du Kyzyl Kum

Traversée du Kyzyl Kum

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Traversée du Kyzyl Kum