En jetant mon premier coup d’œil au centre historique de Boukhara, j’ai été déçu. Vers midi, les rues sont tellement écrasées de chaleur qu’elles sont désertes et la lumière tellement verticale et brute que les bâtiments paraissent en carton-pâte. Bukhara, la ville au cœur de la Route de la Soie, ne peut pas être ça !

Effectivement, Bukhara n’est pas en carton-pâte. Ouf, je l’ai échappé belle ! Une fois que les rues s’animent, que la chaleur se calme, que la lumière prend un angle et noie la ville sous sa teinte dorée qui vous donne envie de passer le reste de votre vie en Orient, elle dévoile ses charmes. Mosquées vieilles de 500 ans, certaines ayant passé des siècles recouvert par les sables, totalement oubliées du monde, mausolées, madrasas, caravansérails… Plus de 140 bâtiments sont recensés par l’Unesco.

C’est là que je retrouve mes amis Brigitte et Nicolas, on s’était quitté à Ispahan, en Iran. On passe une journée à se promener dans les ruelles, à explorer les vieux bâtiments, à se raconter notre dernier mois de route.

L’Ouzbékistan est un pays majoritairement plat, ce qui est finalement assez lassant pour le vélo. Au contraire des routes vallonnées, où on peut profiter des descentes pour se reposer et profiter du paysage, une route plate demande un effort constant. Si on s’arrête de pédaler, on s’arrête, c’est logique. Les routes secondaires sont dans un état souvent épouvantable. Lorsqu’il existe, le bitume est défoncé, fissuré, la chaleur et le passage des camions créent des boudins d’asphalte qu’il faut éviter sous peine de s’envoyer en l’air. C’est simple, si on tente de boire en roulant, on se met la gourde dans l’œil ou dans le cou, rarement, dans la bouche… Pour l’expliquer différemment, j’ai le postérieur en compote lorsque je débarque à Samarkand.

Samarkand… Le nom fait rêver, évoque les caravanes de soie et de marchandises portées à dos de dromadaires. Des générations de voyageurs y sont venus. J’imagine une ville aux ruelles nimbées de mystère, où flotte encore dans l’air le parfum de l’aventure et des grandes épopées. Ce n’est pas du tout ce que j’y ai trouvé. Le complexe architectural du Régistan, où trois madrasas monumentales se font face, est certes l’un des plus beaux d’Asie centrale, mais l’endroit est complètement dénué de vie, les cours intérieures sont remplies de boutiques, les vendeurs vous courent après pour vendre leur breloque ou vous faire monter dans les minarets. De mystère, de magie, il ne reste rien. J’ai fui. Je me suis réfugié au grand marché, quelques rues plus loin. Là, la vie fourmille, les épices sentent bon, le miel, le fromage, les fruits et légumes, les pains briochés donnent envie de tout acheter, de tout goûter. Plus que les monuments, ce sont les marchés d’Ouzbékistan qui m’auront le plus enchanté.

Les photos :(toutes les photos d’Ouzbékistan ici)

Bukhara :

Bukhara

Bukhara

Détail architecture Bukhara

Bukhara

Marché de Bukhara

Marché de Bukhara

Samarkand :

Région de Samarkand

Régistan, Samarkand

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Détail Samarkand     Marché Samarkand

Marché Samarkand