Il fallait bien que ça arrive un jour. C’est aujourd’hui… J’ai des kilos en trop et je suis en pleine dépression.

Je veux dire, je porte 10 litres de flotte pour survivre en plein désert et je roule à une altitude négative, -50 mètres au-dessous du niveau de la mer. Après avoir parcouru les montagnes Tian Shan sur des centaines de kilomètres, à travers trois pays, Kirghizstan, Kazakhstan et Chine, les Montagnes Célestes s’écroulent d’un seul coup et disparaissent dans une plaine dont le point le plus bas est -159 mètres. Le deuxième endroit le plus bas du globe, après la Mer Morte. La dépression de Turpan est aussi l’endroit le plus chaud de Chine. En plein été, les températures avoisinent les 45°C à la mi-journée. En septembre, c’est plus supportable, mais j’évite quand même de sortir avant 17 heures, l’heure magique, celle de la lumière rasante qui souligne les moindres détails, fait briller l’asphalte des larges avenues, transperce la fumée qui monte des longs barbecues posés devant les restaurants et inonde les rangées de vignes plantées dès la sortie de la ville. Je passe deux jours dans le quartier sud-est, où vivent une majorité de Ouïghours, une des nombreuses minorités ethniques de Chine. Les maisons sont construites de façon à échapper au soleil, au fond de longues cours couvertes de vignes où sèchent des tonnes de raisins.

Au nord de Turpan se dresse une double muraille, composée des Flaming Mountains et, juste derrière, des derniers contreforts des Tian Shan. Je dois les contourner pour accéder au grand désert au bout duquel se trouve le poste-frontière de Tarkshken, porte d’entrée de la Mongolie.

480 kilomètres plein nord, avalés en 4 jours. Du vent, du sable, des grandes étendues, des nuits sous tente avec un silence rare et la voie lactée comme si un peintre avait secoué son pinceau. 4 jours un peu irréels, sans rien à « voir » ni à visiter, juste à rouler, rouler et encore rouler. La course du soleil qui me contourne patiemment dans le dos, me brûlant à droite, puis à gauche. Des camions, parfois quelques voitures, des troupeaux de chameaux. Une nuit passée dans la guérite du garde d’une station essence. Mes vêtements qui se transforment en tas de sel. Une rivière, le dernier soir, où c’est le grand bain et la lessive complète.

Et puis, un matin, au bout d’une grande ligne droite montante, un panneau : Border Check, 200 mètres. Quelques tampons de plus sur le passeport, un signe d’au-revoir de la douanière.

Le 19 septembre, 7 mois jour pour jour après mon départ de la place Mazagran à Lyon, j’entre en Mongolie !

 

Les photos :

À Turpan avec le peuple Ouïghour :

Peuple Ouïghour

Turpan

Turpan

Turpan

Route de la Soie, Turpan

Turpan

Traversée des Flaming Mountains et du désert :

_dsf7243

Route du désert

Route du désertJ’aime bien le « vast dry land view »…

Route du désert

Repas chinoisLes fameux Lagman

L’un des plus beaux bivouacs :

L'un des plus beaux bivouacs

L'un des plus beaux bivouacs

Halte dans le désert

Autochtone

La frontière mongole dans quelques mètres…

Entrée en Mongolie